Est-il obligatoire d’avoir une assurance pour une trottinette électrique ?
Oui, une assurance est obligatoire pour circuler avec une trottinette électrique en France. Elle doit au minimum couvrir votre responsabilité civile en tant qu’utilisateur d’un engin de déplacement personnel motorisé (EDPM). Sans ce contrat, un accident causant un dommage à un piéton, un cycliste ou un véhicule peut vous exposer à des frais très élevés et à des sanctions pénales.
Cette obligation ne concerne pas une trottinette classique, dépourvue de moteur. Voici comment distinguer les engins concernés, vérifier que votre contrat est adapté et choisir des garanties utiles selon votre usage.
Assurance pour trottinette électrique : une obligation ?
Les trottinettes électriques sont considérées comme des engins de déplacement personnels motorisés (EDPM). Cette catégorie regroupe les trottinettes électriques, gyropodes, skates électriques et hoverboards dotés d’un moteur. Pour circuler comme EDPM, l’engin doit être bridé à 25 km/h. Au-delà, il ne peut pas être utilisé sur la voie publique sous ce statut.
L’article L211-1 du Code des assurances impose une assurance responsabilité civile pour les véhicules terrestres à moteur, dont font partie les EDPM. Cette garantie indemnise les dommages corporels ou matériels que vous causez à un tiers : un piéton renversé, une portière rayée ou un autre usager blessé, par exemple.
Une trottinette non électrique n’est pas soumise à cette obligation. Les dommages causés lors de son utilisation relèvent souvent de la responsabilité civile vie privée incluse dans l’assurance habitation. Vérifiez toutefois les garanties et exclusions de votre contrat avant de compter sur cette couverture.

Responsabilité civile : un contrat spécifique est nécessaire
La responsabilité civile de votre assurance habitation ne couvre généralement pas la conduite d’une trottinette électrique. L’EDPM motorisé est assimilé à un véhicule terrestre à moteur : il doit donc être déclaré et assuré par un contrat dédié, parfois appelé « responsabilité civile trottinette électrique » ou « assurance EDPM ».
Avant de souscrire, communiquez la marque, le modèle et la vitesse maximale de l’engin. L’assureur peut aussi demander le numéro de série ou une preuve d’achat. Gardez votre attestation d’assurance accessible sur votre téléphone ou en version papier : vous devez pouvoir la présenter lors d’un contrôle.
Le propriétaire doit veiller à l’assurance de la trottinette, y compris lorsqu’il la prête. Si un proche l’utilise, contrôlez les conditions de conduite prévues au contrat : certains contrats couvrent les conducteurs autorisés, d’autres limitent la garantie à un utilisateur désigné.
Assurance pour trottinette : quelles implications ?
Souscrire une assurance pour trottinette protège les tiers, mais aussi votre budget après un sinistre. La responsabilité civile obligatoire prend en charge les indemnités dues aux victimes lorsque vous êtes responsable. Elle ne rembourse ni votre trottinette ni vos propres blessures.
Pour une couverture plus large, les garanties complémentaires peuvent inclure :
- le vol de la trottinette, selon les conditions de stationnement et d’antivol ;
- les dommages matériels après une chute, une collision ou un acte de vandalisme ;
- la garantie individuelle accident du conducteur, pour vos blessures et leurs conséquences ;
- une assistance en cas de panne ou d’immobilisation, selon la formule.
Examinez la franchise, le plafond d’indemnisation et les exclusions avant de choisir. Une garantie vol peut exiger un antivol homologué, un point d’attache fixe et un stationnement dans un lieu fermé la nuit. Les dommages à la batterie, les accessoires et l’usage professionnel ne sont pas toujours couverts.
Choisir les garanties selon la valeur et l’usage de la trottinette
Pour un trajet occasionnel avec une trottinette de faible valeur, la responsabilité civile obligatoire peut suffire si vous acceptez de remplacer vous-même l’engin après un vol ou une chute. Un usage quotidien en ville, des trajets multimodaux ou une trottinette coûteuse justifient souvent d’étudier les garanties dommages, vol et accident corporel.
Comparez les contrats sur des critères concrets : montant de la franchise, plafond versé en cas de vol, vétusté appliquée, délai de carence éventuel et modalités de déclaration. Demandez aussi si les trajets domicile-travail, le transport dans les transports publics et le prêt à un proche sont admis.
Les règles d’assurance diffèrent selon le type de véhicule. Si vous utilisez aussi un cyclomoteur, consultez les garanties d’une assurance scooter 50cc et les formules prévues pour une 50cc : ces véhicules ne relèvent pas du régime des EDPM.
Règles de circulation qui conditionnent votre protection
Assurer sa trottinette ne dispense pas de respecter les règles applicables aux EDPM. La conduite est interdite aux moins de 12 ans. Une seule personne est autorisée sur l’engin et les écouteurs sont interdits pendant la conduite.
En agglomération, la circulation se fait en principe sur les pistes ou bandes cyclables lorsqu’elles existent, ou sur les routes limitées à 50 km/h. Les trottoirs sont interdits, sauf autorisation locale à l’allure du pas. Hors agglomération, l’accès est limité aux voies vertes et pistes cyclables, sauf dérogation de l’autorité compétente.
La nuit ou lorsque la visibilité est insuffisante, le port d’un vêtement ou équipement rétro-réfléchissant est obligatoire. Le casque n’est pas imposé à l’échelle nationale pour les adultes, mais il reste pertinent pour limiter la gravité d’un choc. Un usage contraire aux règles de circulation peut aussi compliquer l’indemnisation de certains dommages subis.
Assurance pour trottinette : quelles conséquences en cas de non souscription ?
Conduire une trottinette électrique sans assurance valide constitue un délit. La peine peut atteindre 3 750 euros d’amende. Des peines complémentaires sont également possibles : travail d’intérêt général, stage de sensibilisation à la sécurité routière, interdiction de conduire certains véhicules terrestres à moteur ou confiscation de la trottinette.
Le risque financier augmente fortement si vous êtes responsable d’un accident. Les frais médicaux, la perte de revenus et l’indemnisation d’un handicap peuvent représenter des montants considérables. Le fonds compétent peut indemniser une victime d’un véhicule non assuré, puis se retourner contre le responsable pour récupérer les sommes versées.
La démarche la plus sûre consiste à souscrire la responsabilité civile EDPM avant la première circulation, puis à ajuster les garanties à la valeur de l’engin et à vos trajets. Relisez les exclusions et conservez les justificatifs d’achat, le numéro de série et les factures d’antivol : ils facilitent une déclaration de sinistre ou de vol.
